Le fumier et le jardin

Lors de la dernière rencontre trimestrielle de Fabrice Midal avec les membres de l’Association Serenissance, Sur le chemin, Fabrice a montré comment nous étions constamment pris par cette idée que quelque chose en nous n’allait pas, comment nous cherchons toujours à nous améliorer.

Fabrice a également pointé le fait que vouloir s’améliorer, c’est tout à la fois ne pas pouvoir être pleinement soi et ne pas trouver sa place.

La pratique de la méditation nous invite à revenir à la maison et à se foutre la paix, comme le dit Fabrice.

Ceci m’a fait penser à un de mes passages préférés de l’ouvrage Le mythe de la liberté de Chögyam Trungpa . Ce dernier dit ceci :

« La méditation ne consiste pas à essayer d’atteindre l’extase, la félicité spirituelle ou la tranquillité, ni à tenter de s’améliorer. Elle consiste simplement à créer un espace où il est possible de déployer et défaire nos jeux névrotiques, nos auto-illusions, nos peurs et nos espoirs cachés. Nous produisons cet espace par le simple recours à la discipline consistant à ne rien faire. À vrai dire, il est très difficile de ne rien faire (…) Ainsi, la méditation est-elle un moyen de brasser les névroses de l’esprit et de les utiliser comme partie intégrante de la pratique. Pas plus que le fumier, nous ne jetons ces névroses au loin ; au contraire, nous les répandons sur notre jardin, et elles deviennent partie de notre richesse. »

C’est un changement de perspective radical : nous sommes bien tels que nous sommes et de plus, nous sommes riches de plein de choses, fumier compris.

Et chacun peut ainsi trouver sa place, dans la singularité de son propre jardin.

Et vous, il ressemble à quoi votre jardin ? Bien net comme un jardin à la française ? Plus nature comme le jardin à l’anglaise ? Ou tout simplement de jolies fleurs des champs ?